dimanche 17 octobre 2010

Lettre à M. Jean-Luc Nevache, Préfet de Haute-Corse

Monsieur Jean-Luc NEVACHE
Préfet de Haute-Corse
Square du Maréchal Leclerc
20200 BASTIA

Paris, le 15 octobre 2010.

Objet :
PERMIS DE CONSTRUIRE
ET POLLUTION A MATRA

Monsieur le Préfet,

Après notre rencontre en septembre à la Mairie de Matra, j’ai le plaisir de vous adresser le film LA MINE D’ARSENIC DE MATRA dont je suis l’auteure.

J’attire votre attention sur la troisième partie de ce documentaire, qui traite de la pollution du site A Casa Suprana et du fleuve A Bravonna.
Ce site, ce fleuve et son affluent font du petit village de Matra l’un des lieux les plus pollués d’Europe : à l’arsenic, certes, mais aussi à l’antimoine, à l’amiante, au curare et à divers toxiques dont le chlore… sans parler des conséquences du nuage de Tchernobyl.

Entre le moment où j’ai tourné ce film, en novembre 2009, et les Pâques suivantes, quand je suis revenue au village, une maison avait poussé là, au lieu-dit A Casa Suprana, tel un champignon après la pluie, les pieds dans quatre-vingt-dix centimètres (au bas mot) de déchets arsénieux et autres…
Et voilà qu’on nous promet trois maisons de plus au même endroit : les permis de construire sont en cours d’examen à la DDE et ont déjà reçu l’avis favorable du Maire.

Je vous rappelle que, déjà, dans les années 1970, la DDASS avait refusé au propriétaire des terrains de la Casa Suprana l’autorisation d’y implanter un camping, ce pour cause de pollution importante.
Cette interdiction ne semble plus fonctionner en 2010 et vous avouerez que c’est très inquiétant…

Vous le savez ou non, mais les bâtiments de la mine ne sont pas en trop mauvais état. Ils constituent un patrimoine qui mériterait d’être sauvé.

De plus, l’OMS s’intéresse en ce moment même de très près à tout ce qui touche à l’arsenic et cherche des lieux d’expérimentation. En effet, à l’issue d’une longue étude épidémiologique, il apparaît qu’un décès sur cinq au Bengladesh et dans certaines régions de l’Inde serait lié à la contamination arsénieuse.
Je suis en contact avec de nombreux scientifiques (Institut Pasteur, CNRS, OMS…) qui pensent avec moi qu’il y aurait mieux à faire du site de la mine de Matra que d’y construire des pavillons de banlieue, crépi et tuiles roses. Par exemple un éco-musée et une maison des sciences dédiée à l’arsenic.

Je vous invite à contacter M. Antoine Orsini, hydrobiologiste de l’Université de Corte qui témoigne dans mon film et qui se trouve être également élu à la mairie de Corte. Son portable est le 06 XX XX XX XX. Il est plus qualifié que moi pour vous parler de la pollution du site.

Recevez, Monsieur le Préfet, l’expression de mon respect.